2 LES PARTIES DU DISCOURS

  1. #1
    أبو ياسر

    أبو ياسر مدون نشيط

    -2-LES PARTIES DU DISCOURS


    LE NOM COMMUN


    (ou substantif)


    1) Morphologie


    Le nom est un mot qui est porteur d'un genre (le genre est fixe) et variable en nombre.


    Certains considèrent qu'il est parfois variable en genre : ainsi, le nom enfant peut être masculin ou féminin, comme concierge ou élève ; on dit alors qu'il est épicène. On trouve aussi : un comédien, une comédienne, et un certain nombre de mots de ce genre, surtout dans les noms de métiers, ou les animaux : un chat, une chatte.


    Pourtant, c'est sans doute abusif de parler de variabilité du nom, car par principe, ces noms désignent des êtres ; si on change de genre, on change d'être : un homme ne devient pas une femme ! Sinon, autant dire que homme est variable en genre, et que son féminin est femme ; de même pour étalon et jument, taureau et vache, etc. Il vaut mieux considérer que l'on a affaire à des mots de la même famille, quand c'est le cas, désignant le mâle et la femelle de l'espèce, ou du métier. Les noms épicènes sont utilisables dans les deux genres, ce qui n'est pas une variabilité.


    De rares noms possèdent les deux genres, avec rigoureusement le même sens : un ou une après-midi ; orgue et amour sont masculins au singulier, féminin au pluriel : un orgue / les grandes orgues ; un amour / nos anciennes amours ; un adjectif est féminin devant gens, mais masculin derrière lui : de bonnes gens / des gens intéressants. Il s'agit là d'usages archaïques, figés par l'habitude, et qui peuvent disparaître. Le féminin peut apparaître comme plus joli, plus poétique. De toute façon, sauf distinction biologique, le genre des noms est arbitraire.


    D'autre part, certains noms, qui désignent des êtres uniques, ne connaissent pas le pluriel, sauf emploi métaphorique ou étendu : la lune, le soleil / les lunes de Jupiter, des millions de soleils. Ils sont à la limite des noms propres, et en astronomie, ce sont des noms propres.


    Certains noms sont toujours au pluriel : des mœurs, des épousailles, des funérailles. Les cieux est synonyme de le ciel. Il s'agit là encore de pluriels archaïques ou poétiques.


    2) Contexte


    Le nom, dans une phrase, est en principe toujours précédé d'un déterminant (sauf dans certaines fonctions) qui lui permet de constituer un syntagme nominal et de s'intégrer dans une phrase. Un déterminant transforme même n'importe quel élément en nom commun : peser le pour et le contre / un petit rien / un tiens vaut mieux qu'un tu l'auras / deux r / le dessus du meuble...


    Le nom est facultativement accompagné d'un adjectif épithète, suivi d'un complément du nom ou d'une subordonnée relative (dont il est l'antécédent), ces éléments étant en nombre non limité, et constituant l'expansion du nom.


    3) Syntaxe


    Un nom est apte à être le noyau d'un syntagme nominal qui pourra assurer la quasi totalité des fonctions existantes : sujet, attribut, complément, apposition... Le nom assume en priorité les fonctions qui lui sont propres, les fonctions nominales (sujet, complément d'agent, complément d'objet, complément du nom ou de l'adjectif), mais est apte a assumer les fonctions des autres catégories, les fonctions adjectivales et adverbiales, moyennant un affaiblissement de son sens ou de son rôle, particulièrement dans les fonctions adjectivales.


    Ce n'est pas le nom seul qui assure ces fonctions, mais le syntagme : un sujet ou un COD ont besoin d'un déterminant : *Père a acheté voiture. / Mon (ton, son, leur) père a acheté une voiture. Dans les proverbes, on trouve un style archaïque sans déterminants : pierre qui roule n'amasse pas mousse.


    Certaines fonctions se passent de déterminant : l'attribut et l'apposition, qui sont des fonctions adjectivales ; le complément du nom, quand le déterminant serait indéfini ou partitif.


    Le cas des noms épithètes se discute, pour certains noms accolés à d'autres sans déterminant, et servant à qualifier : un bénéfice record. Le nom épithète semble transformé presque entièrement en adjectif.


    4) Sémantique


    Le nom désigne tout ce qui possède, réellement ou par abstraction (il est concret ou abstrait), une existence distincte (il est. variable en nombre). Cet élément est reproductible, c'est-à-dire non unique. On peut rajouter qu'il possède une définition.


    On peut détailler l'étude sémantique du nom par des sous-catégories sémantiques : concret / abstrait ; animé (vivant) / non animé (/ humain / divin) ; noms individuels / collectifs (foule, orchestre, régiment). Cela sera utile pour l'étude des rapports entre la sémantique et la syntaxe (pour les fonctions essentielles).


    LE NOM PROPRE


    Il est placé à tort dans la même catégorie que le nom. En fait, il se comporte comme un syntagme complet, comme le pronom, mais pour d'autres raisons : le nom propre possède une référence absolue, alors que le pronom possède, si l'on peut dire, une référence par procuration.


    1) Morphologie


    Il est en principe porteur d'un genre et d'un nombre.


    Les noms de villes ont un genre indéterminé : Paris est beau / Paris est belle


    Quelques exceptions qui se discutent, en géographie : les Indes, les Amériques. S'agit-il du même sens ? D'un pluriel archaïque (poétique) ? (l'Inde, les Indes) Dit-on une Amérique ? Le singulier et le pluriel fonctionnent-ils de la même façon ? On s'aperçoit que les Indes désigne d'anciennes colonies, et non un pluriel de l'Inde.


    Certains, correspondant à une confédération ou à un ensemble d'îles, sont toujours au pluriel : les Etats-Unis, les Nouvelles Hébrides.


    A l'écrit, les noms propres se remarquent à la majuscule initiale.


    2) Contexte


    La plupart ne sont jamais précédés d'un déterminant ; sinon, c'est qu'on les utilise comme noms communs (par antonomase) : Machin est une sorte de petit Napoléon dans son genre.


    En géographie, certains noms sont toujours précédés d'un déterminant : les pays, les cours d'eau (la France, la Seine). C'est un article défini, rien d'autre. On peut dire qu'il est intégré au nom propre. Toute autre utilisation relève de la conversion, de l'antonomase : ma France.


    Le nom propre est rarement accompagné d'une épithète ; il perd alors généralement son article : douce France / chère France (nombre limité d'adjectifs possibles). C'est encore plus difficile, voire incorrect, pour une relative épithète : *La France qui se trouve en Europe est un beau pays (y en a-t-il une autre ailleurs ?). Pour l'attribut et l'apposition, il n'y a pas de restriction, mais ces éléments ne sont pas intégrés au groupe nominal : La France est un beau pays / La France, ce beau pays,...


    Remarque : le fait qu'il y ait conversion, antonomase, montre que le nom commun et le nom propre n'appartiennent pas à la même catégorie.


    3) Syntaxe


    Le nom propre peut assurer globalement les mêmes fonctions que le nom commun, ou plutôt que le syntagme nominal.


    Certaines fonctions sont difficilement possibles, ou en tout cas cela se discute beaucoup : ce sont celles qui sont adjectivales, comme l'attribut, et plus encore l'épithète, car le nom propre ne peut servir à qualifier, caractériser quelque chose, à moins d'un changement de nature (procédé de style). Le nom propre attribut ou apposé sert exclusivement à préciser l'identité.


    La capitale de la France est Paris : quel est le sujet ? quel est l'attribut ?


    Paris l'est. / *La capitale de la France l'est. (c'est l'attribut qui est remplacé par un pronom)


    Dans un exemple comme Mon beau pays de France, on dit parfois que le nom propre est apposé au nom commun, cela dépend de la définition que l'on donne à l'apposition ; si on réfléchit, on s'aperçoit que la qualification se trouve non dans France, mais dans beau pays : cette dernière expression, malgré sa place, peut donc être analysée comme épithète du nom propre (de même : un drôle de bonhomme).


    4) Sémantique


    Un nom propre désigne un être unique, et il le désigne par convention (on aurait pu l'appeler, le « baptiser » autrement, c'est une question de décision collective ou individuelle).


    On peut dire qu'il est complet par lui-même : il n'a pas besoin d'un complément du nom pour être précisé. C'est pourquoi il se passe si souvent d'éléments annexes.


    Le nom propre ne possède pas de définition (on ne peut pas trouver dans le dictionnaire : un Napoléon, c'est un...).