Introduction à l’approche neuropédagogique de l’apprentissage

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    أبو ياسر

    أبو ياسر مدون نشيط

    Introduction à l’approche neuropédagogique de l’apprentissage
    L’école a désormais pris conscience que les méthodes de travail jouent un rôle essentiel dans l’appropriation des connaissances et, par suite, dans la réussite scolaire. De plus, il est maintenant reconnu qu’il ne suffit pas de placer les élèves en situation de mobiliser leurs connaissances, de lire un énoncé, de mémoriser, de prendre des notes, de rédiger… pour qu’ils acquièrent les savoir-faire nécessaires pour maîtriser ces opérations. Les méthodes de travail ne sont pas une donnée mais une conquête. Cette conquête ne peut aboutir sans un enseignement de la méthodologie qui traverse l’ensemble des disciplines.

    Tout les élèves ne sont pas identiques : ce qui convient à l’un peut ne pas convenir à l’autre. En fait, dès que nous nous intéressons à la méthode, nous avons à répondre aux questions : d’où partons-nous ? Où allons-nous ? Par où allons-nous passer ?
    La méthode est un trajet entre un individu et un but à atteindre. Elle part de l’individu et revient à l’individu qui se trouve au centre du processus. Pour cela, il importe de tenir compte de la diversité des profils d’apprenant et par conséquent d’apprentissage.
    L’apport des neurosciences est, en ce sens, primordial.
    Comment faire en sorte d’aider les élèves à acquérir les méthodes de travail les mieux adaptées à leur personnalité et de leur donner ainsi les moyens d’apprendre, d’exploiter tout leur potentiel intellectuel ?
    C’est la question à laquelle un enseignant stratégique devrait répondre.


    Se connaître et connaître ses élèves.

    « Si tu ignores à la fois ton adversaire et toi-même,
    Tu ne compteras tes combats que par des défaites.
    Si tu ignores ton adversaire et que tu te connais toi-même
    Les chances de perdre et de gagner sont égales.
    Si tu connais ton adversaire et te connais toi-même,
    Eussiez-vous cent combats à soutenir,
    Cent fois tu seras victorieux. »

    Sun Tsé


    Cette maxime chinoise à propos des arts martiaux peut s’appliquer au domaine de l’enseignement. Elle illustre cette nécessité de se connaître, de connaître les apprenants pour mieux travailler ensemble et, ainsi, d’être victorieux dans la lutte contre l’échec scolaire.

    Quel est votre profil cérébral dominant ?

    Test : Entourez ou notez votre réponse : A ou B

    1- Quand vous demandez votre chemin à quelqu’un, vous préférez :
    A. Que la personne vous fasse un plan ;
    B. Que la personne vous explique la route (deuxième à gauche, etc.)

    2- Quand vous avez fait la connaissance d’une personne, vous retrouvez plus facilement :
    A. Son visage ;
    B. Son nom.

    3- Pensez à un événement qui vous a marqué »… Qu’est-ce qui vous est venu d’emblée à l’esprit ?
    A. Vous avez revu le lieu, les personnes ;
    B. Vous avez réentendu les paroles prononcées, évoqué l’ambiance sonore.

    4- Quand vous préparez une dissertation au cours de vos études, comment procédiez-vous pour trouver les idées ?
    A. Vous laissiez venir les idées en vrac, spontanément ;
    B. Vous exploriez systématiquement toutes les pistes possibles.

    5- Pour calculer mentalement 54 + 17, vous avez tendance à :
    A. Voir les chiffres dans votre tête comme si vous posiez l’opération ;
    B. Vous dire (à voix haute ou basse) (4+7=11 et je retiens1, etc.

    6- Que préférez-vous ?
    A. La géographie ;
    B. L’histoire.

    7- En mathématiques, vous êtes plus à l’aise :
    A. Avec la géométrie ;
    B. Avec l’algèbre.

    8- Quand vous découvrez un mot nouveau, comment mémorisez-vous son orthographe ?
    A. En le photographiant mentalement ;
    B. En l’épelant ou en le prononçant.

    9- Quand vous partez en voyage, vous avez tendance à :
    A. Partir un peu à l’aventure ;
    B. Préparer minutieusement votre itinéraire.

    10- Dans une salle, vous préférez-vous placer :
    A. à droite ;
    B. à gauche.

    11- Que préférez-vous ?
    A. travailler en équipe ;
    B. travailler seul.

    12- Si vous dirigiez une entreprise, vous préfériez que l’on vous trouve :
    A. humain, compréhensif ;
    B. rationnel, organisé.


    Interprétation :
    Faites le compte des A et B. Si les A l’emportent, le cerveau droit est vraisemblablement dominant chez vous ; si les B l’emportent, c’est le cerveau gauche


    « Nous naissons avec un instrument, le système nerveux, à l’origine fort semblable à celui du voisin ». De quels éléments cet instrument est-il composé ? Comment fonctionne-t-il ?
    Notre système nerveux est composé de cellules agencées entre elles de façon à traiter toute les information chaque partie du corps humain et à donner une réponse adaptée à chaque stimulus. Ces cellules envoient ces données vers notre ordinateur central, le cerveau, qui commande la réaction appropriée. Chaque être humain apporte ses réponses personnelles aux divers stimuli, ainsi il s’individualise et se différencie de son voisin. Le choix des stratégies devant les faits est à l’origine de l’identification de l’individu.


    Tout message pédagogique, toute acquisition, tout apprentissage passe obligatoirement par notre système nerveux. Aussi est-il indispensable d’en connaître les rouages.


    Le cerveau à trois étages.

    Trois cerveaux sont apparus successivement au cours de l’évolution de l’espèce humaine. C’est ce qui a été mis en évidence par les travaux du professeur américain Paul D.Maclean, publiés en 1949.
    Le cerveau reptilien.
    Le cerveau reptilien encore appelé cerveau primitif, est le plus ancien. C’est le cerveau des poissons, des lézards, de certains vertébrés inférieurs.
    Sa principale fonction consiste à assurer la survie de l’individu et de l’espèce.
    Il commande donc les besoins de base (faim, soif, sommeil, pulsions ***uelles, etc.) et les réflexes de défense (fuite, agressivité, etc.).
    Ce cerveau, sorte de pilote automatique, est incapable d’adaptation. Il agit sur un mode unique, stéréotypé.
    Tous les gestes instinctifs relèvent du cerveau reptilien : sucer son pouce, se gratter le nez, se ronger les ongles, lever le bras pour se protéger… on retrouve la présence de ce cerveau dans certaines habitudes telles que s’installer toujours au même endroit dans une pièce, marquer son « territoire » (voiture, bureau…) avec des objets personnels.
    Dévaliser les magasins dès que les médias annoncent un éventuel manque de nourritures constitue une manifestation typique de ce cerveau primitif.
    Il existe tout un univers non verbal de gestes et comportements qui traduisent l’existence du cerveau reptilien (bâillement, soupirs, vagabondage de la pensée…). Déceler ce langage reptilien chez soi et chez les autres est essentiel dans la communication.
    Le cerveau limbique (du latin limbus, bord)
    Entoure le cerveau reptilien. Il est gros comme une petite pomme. C’es le cerveau proche de celui des mammifères : vache, singe, dauphin, etc. On l’appelle souvent « système limbique ».
    Son domaine est celui de l’affectivité. Il se laisse facilement envahir par les émotions. Il est alors imperméable à la logique. Lorsque nous sommes de bonnes ou de mauvaises humeurs, lorsque nous sommes vert de peur, rose de plaisir, rouge de colère, nous sommes en proie à notre système limbique.
    Son rôle essentiel est de filtrer les informations en fonction des sentiments éprouvés. Chaque fois qu’une information nouvelle est reçue par nos sens, elle transite par le cerveau limbique. Celui-ci la compare avec le stock des informations enregistrées.
    Si la comparaison lui rappelle des souvenirs agréables, il transmet volontiers l’information au cortex qui se prépare à agir dans les meilleures conditions. Nous avons par exemple, mené avec les élèves une activité couronnée de succès (dossiers, exposé, projet…), nous sommes tout disposés à entreprendre un nouveau travail du même type.
    Si la comparaison ravive des souvenirs déplaisants, le système limbique se met en position de défense et peut aller jusqu’à empêcher le passage. Le cortex ne verra peut être jamais la couleur de l’information.
    Si la comparaison ne réveille aucun sentiment particulier, le système limbique laisse passer mais ne mobilise spécialement le cortex. C’est le cas pour les situations de la vie quotidienne : répondre au téléphone, prendre le bus, préparer une leçon ou un cours pour lequel nous n’éprouvons ni attirance, ni méfiance. Nous agissons alors de manière automatique.
    Le système limbique a pour but, en sélectionnant les informations de préserver notre équilibre physique ou psychique. En ce sens, il est très utile car il nous protège. Il peut cependant constituer un frein. Tout ce qui est inconnu, étranger, lui est à priori suspect et il a tendance à renouveler les expériences favorables. De ce fait, il fonctionne sur des schémas préétablis. Si ces comportements standard sont nécessaires, ils sont parfois limités quand la réponse conditionnée l’emporte systématiquement sur la réponse raisonnée, l’individu reproduit toujours les mêmes structures : il ne peut guère aller de l’avant, innover.
    Le cerveau limbique est très influencé par l’ambiance, l’environnement. Il suffit que le son d’une voix lui rappelle une autre voix qui lui a plu ou déplu, qu’un regard lui rappelle un autre regard aimé ou détesté pour qu’il accueille favorablement ou rejette la communication.
    Ce cerveau a également un sens prononcé du groupe qui peut, selon les cas, l’aider ou le paralyser.


    Le cortex

    Le cortex ou cerveau supérieur, est le dernier dans l’ordre d’apparition. Il nous distingue des autres mammifères. Aussi bien par sa taille que par ses fonctions, c’est le cerveau le plus important. Grâce à lui, nous pouvons, entre autre :
    - parler ;
    - analyser, classer, combiner, synthétiser des informations ;
    - résoudre des problèmes ;
    - faire preuve de stratégie, de décision ;
    - inventer.
    Contrairement aux deux cerveaux précédents, le cortex permet, en présence d’une situation, d’avoir une réponse originale, dégager des stéréotypes.
    Il peut agir sur sa propre évolution, corriger ses erreurs, s’adapter, progresser.
    Ces trois étages ne sont pas séparés mais superposés.


    La classe : Deux cerveaux.

    Le cerveau à deux côtés.

    Le cerveau, comme une noix, est constitué de deux parties ou hémisphères reliés entre eux par un pont supérieur : le corps calleux. Ces deux hémisphères, en apparence identiques, ont une spécificité fonctionnelle comme l’ont montré de nombreuses recherches, en particulier celles du professeur (biologiste américain) Roger Sperry Prix Nobel de médecine 1981. Bien qu’il reste encore beaucoup à découvrir, on peut s’appuyer déjà sur les distinctions qui suivent.
    Le Cortex gauche.
    Le cortex gauche ou hémisphère gauche gère le langage, la parole. C’est lui qui nous permet de décrire un objet ou une situation avec des mots.
    Son approche est analytique : il traite les données de manière linéaire, pas à pas. Pour comprendre les informations, il les examine une par une, il procède étape par étape. De ce fait, le temps est une composante importante pour lui.
    Il a le souci d’agir méthodiquement selon un plan prévu et organisé. Il a le goût des détails plus que de l’ensemble : il s’intéresse aux arbres au détriment des forêt.
    Il est le domaine de la logique, du raisonnement. Il s’appuie sur les faits qu’il a analysé pour en tirer des conclusions : sa démarche est déductive. Par suite, l’hémisphère gauche est à l’aise dans les activités à dominante langagière et rationnelle (le calcul logique, l’algèbre, la physique…).
    En lisant ces lignes qui décrivent le fonctionnement du cerveau, vous mobilisez davantage votre hémisphère gauche que votre hémisphère droit.
    Le cortex droit
    Le cortex droit ou hémisphère droit gère, lui, les image, l’espace. Son mode de représentation est visuel et non verbal. Il imagine facilement un plan, un itinéraire. Pour lui, un bon croquis vaut mieux qu’un long discours.
    Son approche est synthétique. Alors que l’hémisphère gauche spare les éléments, l’hémisphère droit les combine pour créer un ensemble. Sa perception est globale. Plutôt que les différences, il voit les ressemblances, les liens, les associations et construit des structures. Il voit la forêt plutôt que les arbres.
    Si le cortex gauche est logique et fait une chose à la fois, le cortex droit est plutôt intuitif, analogique et traite plusieurs informations en même temps. Pour comprendre une nouvelle donnée, il s’appuie sur ce qu’il sait déjà. Il joue le rôle important dans l’appréhension holistique (du grec « holos », le tout) d’un problème.
    De part son aptitude à identifier des ensembles, à établir des relations, il semble vraisemblable que l’hémisphère droit soit la source de l’intuition créatrice, de l’imagination.
    Le cortex droit est sensible aux émotions, aux « états d’âme ». plus que le cortex gauche, il attache de l’importance au con****e affectif, aux nuances.
    En ce qui concerne la parole, l’hémisphère gauche est responsable de « ce que nous disons », l’hémisphère droit de « comment nous le disons ». C’est lui qui donne le ton, l’intonation à la voix, le style aux écrits. En d’autres termes, le premier génère le langage, le second, le paralangage. Roger Muchielli, psychologue français mort en 1982, estimait que « dans une relation de face-à-face 80% du sens passe par le paralangage : intonation, gestes, mimiques du corps et du visage ».
    Chez l’émetteur comme chez le récepteur, un double langage entre en action : d’un côté les mots, issus de notre cortex gauche, de l’autre le langage du corps, produit et reçu par le cortex droit. Ce dernier est moins capable de dissimulation. Malgré un discours qui se veut calme, le pied qui s’agite, la main qui tremble trahissent l’impatience ou l’anxiété.
    La perception de la musique fournit un exemple éclairant du fonctionnement de nos deux hémisphères.
    Il semble prouver que ce n’est pas le stimulus, la musique, qui détermine la zone du cerveau où sera traitée l’information mais la manière dont l’auditeur utilise ce stimulus. Les amateurs connaisseurs se servent du cortex gauche « même si le cortex droit reste toujours présent ».
    Les amateurs néophytes se servent du cortex droit. Les premiers traitent les sons de manière plus analytique, les seconds sont sensibles à la mélodie, au rythme.
    La spécificité hémisphérique permet, en partie, d’expliquer pourquoi certains élèves, bons en mathématiques dans les « petites classes » ne le sont plus par la suite. Dans les exercices de calcul et d’arithmétique effectués à l’école élémentaire, ils mettent en œuvre des stratégies verbales et linéaires et n’ont guère besoin d’utiliser un matériel qui développe leur gestion de l’espace. Lorsque, plus tard, ils ont à résoudre des problèmes de mathématiques nécessitant une réflexion de type spatial ou conceptuel, il se trouve en difficulté.
    De manière générale, le cortex droit est plus à l’aise avec les disciplines artistiques ou littéraires que dans la plus part des discipline scientifiques. Ils n’aiment pas toujours l’algèbre, trop verbal pour lui, mais peut se distinguer en géométrie par sa pensée visuo-spatial.
    En consultant des schémas ou des plans, on mobilise davantage notre cortex droit que notre cortex gauche.
    Le côté gauche du corps humain est contrôlé par l’hémisphère droit et le côté droit par l’hémisphère gauche. Pour la vision, chaque œil envoie l’information aux deux hémisphères. La moitié gauche du champ visuel est vu par l’hémisphère droit tandis que la moitié droite est perçue par l’hémisphère gauche chez les sujets « normaux ».



    Cortex gauche
    « moi dans le monde »
    Cortex droit
    « le monde en moi »

    Auditif
    Analytique
    Rationnel
    Logique
    Linéaire
    Temporel
    Séquentiel
    Sensible aux différences
    Sait comment
    Goût des détails
    Fait une chose à la fois
    Réceptif à ce qui est objectif
    Recueille l’information neutre
    Déchiffre les notes de musique

    Visuel
    Synthétique
    Intuitif
    Analogique
    Globale
    Spatial
    Simultané
    Sensible aux ressemblances
    Sait pourquoi
    Go^t de l’ensemble
    Fait plusieurs choses à la fois
    Réceptif au qualitatif
    Recueille les émotions
    Reçoit et produit les mélodies



    Remarque :
    Bien que chaque hémisphère soit spécialisé dans des tâches différentes, la séparation entre l’un et l’autre est illusoire, ils sont en communication permanente. Jamais un hémisphère n’est totalement au repos : lorsque l’un d’eux prend en charge une fonction donnée, le second lui apporte un complément indispensable.
    Cette interaction permanente est due à la présence du corps calleux, gros faisceaux de fibres nerveuses qui constituent un véritable pont entre les deux hémisphères.
     
    آخر تعديل بواسطة المشرف: ‏30 يناير 2016